Le mot « merde »


Le mot « merde » est issu du latin merda « fiente, excrément ».

Considéré comme vulgaire, bien que très courant, il est souvent dissimulé dans des périphrases comme si l’odeur qui se dégageait de l’objet qu’il désigne avait fini par s’exhaler du mot lui-même.

Il est vrai qu' »on dit pas de gros mots quand on est bien élevé », mais si « merde » choque, c’est presque sans raison. Le mettre sous les projecteurs, c’est se jouer d’une norme, parce que le mot, et l’acte qui l’accompagne, dérangent. Pourtant, ils sont vitaux pour toute l’humanité, productrice… en aparté. Les paysans connaissent la richesse des excréments, engrais fortifiant la terre et son engeance. S’arrêter au dégoût de la matière, c’est en nier les vertus.

Utilisées au sens figuré, les locutions « de merde » et « de la merde » caractérisent des gens, des choses, des idées sans valeur.

Mais, selon nous, être jugés « sans valeur » par la société ne signifie rien et ne limite pas les possibilités d’action et de création. Chacun est à même de produire avec son bagage.

De plus, le mot « merde » employé comme interjection exprime le plus instinctivement la colère, l’indignation, le mépris, mais aussi l’étonnement, la surprise, l’admiration. Autant de sentiments que la vie, le monde, les femmes et les hommes nous inspirent et qui nourrissent nos désirs créatifs.

Merde, un nom pertinent, riche de paradoxes, et finalement bien assorti aux petites merdeuses que nous sommes.